Pont du Gard et Patrimoine
Pont du Gard ; construction ; pont Pitot

Description du pont du Gard

dimanche 7 décembre 2008 par Jean-Yves Gréhal

Lors d’une première visite au pont du Gard, la puissance de l’impression d’ensemble empêche souvent la perception des détails. Armés de repères de grandeur, résistons à l’éblouissement et apprenons à voir le gigantesque ouvrage.

Le pont du Gard est l’ouvrage majeur de l’aqueduc de Nîmes. Il franchit le Gardon à la sortie des gorges de la rivière, en son point le plus étroit.

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Il est aujourd’hui long de 275 mètres ; sa hauteur au-dessus des basses eaux du Gardon est de 48,7 mètres. Sa longueur et sa hauteur sont les doubles de celles des arènes de Nîmes. Il se dégage pourtant du grand édifice –c’est le pont le plus haut construit par les Romains- une impression de légèreté et de grâce due à la technique de construction en trois rangées d’arches superposées de plus en plus étroites

Le niveau inférieur se compose de six arches d’ouvertures différentes. Celle qui enjambe le lit permanent du Gardon mesure 24,5 mètres, les autres 19,2 ou 15,5 mètres, en se resserrant vers les bords de la gorge. La longueur totale est de 142 mètres, la hauteur de 21,9 mètres et l’épaisseur de 6,36 mètres. L’intrados, c’est-à-dire la partie visible de ces arches est composé de 4 doubleaux, rangées parallèles de claveaux taillés pour former la voûte. Les cinq piles qui s’appuient sur le lit de la rivière sont protégées en amont par un avant-bec aujourd’hui dépourvu de son chaperon, sorte de pyramide à base triangulaire, enlevé lors d’un remaniement de l’ouvrage pour construire les encorbellements destinés au passage des attelages. Elles n’avaient pas d’arrière-bec.
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Le niveau intermédiaire se compose de 11 arches de 3 doubleaux. Il est donc plus étroit que le niveau sur lequel il s’appuie. Conséquence : il existait une possibilité de passage sur l’extrados du niveau inférieur, qui allait être améliorée au moyen âge quand l’aqueduc abandonné devint un viaduc au prix de remaniements brutaux. Chaque arche centrale est exactement superposée à celle du niveau inférieur. La longueur totale est de 242 mètres, la hauteur de 17 mètres, l’épaisseur de 4,56 mètres.

Le niveau supérieur compte 35 arches composées d’une seule rangée de claveaux. Chaque arche mesure 4,8 mètres d’ouverture, 3,85 mètres de haut et 3 mètres d’épaisseur. La hauteur de l’étage est de 7,4 mètres avec la conduite. Cette conduite revêtue de moellon en petit appareil est couverte de dalles calcaires, alors que le reste de l’aqueduc est voûté. La largeur des piles des arches du 3e étage n’est pas constante. Elle a été calculée de façon à ce que les axes des arcades du troisième niveau correspondent, chaque fois que cela était possible, aux axes des piles du deuxième niveau.
Arcades 3eme étage
Ainsi, le visiteur attentif remarquera-t-il que l’arche majeure du deuxième niveau est surmontée de quatre arcades, les suivantes de part et d’autre de trois et les toutes dernières de deux. Leurs dimensions identiques permettaient sans doute le remploi des mêmes gabarits : simplicité et économie de la construction.
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A l’origine, le pont comptait 12 arches de plus au niveau supérieur, en amont de l’ouvrage. Elles ont été entièrement démantelées et les matériaux remployés au haut moyen âge, principalement par les moines bâtisseurs. Au total, le pont du Gard se déployait sur une longueur de 490 mètres.

Dans la conduite, on observe aisément les dépôts de calcaire qui ont Conduite PdGréduit très sensiblement la section utile de l’aqueduc, donc son débit. L’importance de ces concrétions s’expliquent par la forte charge en calcaire des eaux de la fontaine d’Eure et la relative lenteur du courant, due à la faible pente de l’ouvrage -24,28 centimètres au kilomètre seulement, ce qui était bien inférieur à la pente des autres aqueducs romains.

Les pierres utilisées pour la construction ont été extraites de la carrière de l’Estel, située à proximité immédiate. La quantité des matériaux utilisés est évaluée à un peu moins de 50.000 tonnes. Diverses hypothèses ont été avancées pour leur acheminent sur le chantier. Celle d’un transport par barge est plausible. On peut aussi imaginer un transport par chars, en particulier pour accéder aux niveaux supérieurs, en fonction de l’avancement des travaux. Les blocs de pierre issus de la carrière de l’Estel étaient façonnés sur le chantier même et mis en place à l’aide des engins de levage dont disposaient les Romains, chèvres et cabestans.

Le pont du Gard est un ouvrage strictement fonctionnel, sans aucun élément décoratif. Il tient sa somptueuse beauté de l’élégance de ses formes, mises en valeur par un cadre naturel ayant subi peu d’atteintes en 20 siècles.
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