Pont du Gard et Patrimoine
Pont du Gard ; suggestions de visite

Visite du pont du Gard

mardi 9 décembre 2008 par Jean-Yves Gréhal

On peut ne passer qu’une heure au Pont du Gard et repartir content. Mais pour que l’ouvrage transmette tout ce qu’il a à donner, il faut le voir, le revoir, le contempler sous ses meilleurs angles de vue, jouer avec l’ensoleillement et les ombres, s’attacher à ses détails

En l’abordant par l’amont : Escaliet de Questel
En suivant le tracé de l’aqueduc, de l’amont vers l’aval, on arrive au pied d’une montée d’escaliers, construite par l’ingénieur nîmois Questel en 1842. Elle permet de rétablir l’accès à la conduite que la destruction de la partie amont du pont avait rendu impossible.
De part et d’autre de l’ouverture foisonnent des signes gravés dans la pierre. La plupart de ces marques ont été laissées par des compagnons du tour de France, dont le pont du Gard constitue un point de passage obligé.

La Clairière : La clairière est tout à côté de l’ouverture donnant accès à l’aqueduc. Pour l’atteindre nous devons remonter le sentier sur quelques mètres. Un tout petit sentier, sur la gauche, conduit à la clairière en moins d’une minute.
Vue clairière
De la clairière, la vue sur le pont est prodigieuse. Au fond, sur l’autre rive du Gardon, la colline boisée est restée intacte. Sur la gauche, le monument domine, imposant mais léger. Seule la partie inférieure des arches du premier étage échappe à la vue. En revanche les onze arches du deuxième étage se superposent élégamment à celles du premier.

Quelques claveaux en relief très apparent dans la concavité des arcades permettaient le calage des gabarits. D’autres ressortent en façade : ils supportaient les échafaudages.
Face Ouest
Les arches des deux premiers étages se superposaient exactement, mais au niveau d’un même étage leur ouverture diffère sensiblement : elle varie de 15,5 mètres à près de 25 mètres. La plus large enjambe le Gardon. La Maison Carrée de Nîmes y tiendrait entièrement.

Le troisième étage est constitué de 35 arcades toutes semblables. Cette uniformité ne crée pourtant aucune monotonie et elles sont situées si haut qu’on les perçoit comme un feston de pierres finement ciselé en dépit de leurs dimensions respectables. Leur ouverture est de 4,8 mètres et leur hauteur de 7,4 mètres. Chacune pourrait contenir une maison à deux niveaux ! Aux arches du deuxième étage sont superposées trois arcades alors que la grande arche en supporte quatre.

Les archesSur les arcades du troisième étage est posé l’aqueduc. On distingue aisément sa hauteur initiale, très apparente aux deux extrémités. Les pierres en relief constituaient la bordure supérieure du canal. La surélévation est très facile à observer à partir de ce repère.

De la plage :
De la plage, le Pont apparaît dans toute sa majesté. Dominant la rivière de cinquante mètres, il est le plus haut des aqueducs romains. L’équilibre entre les parties pleines et les parties vides, la couleur jaune dorée de la pierre se détachant sur la garrigue évoquent un bijou finement ciselé posé dans un délicat écrin de velours vert.

Il serait dommage de ne rester sur la plage que le temps d’un coup d’oeil et de quelques photos. Le pont est plus qu’une image qu’on montrera à ses amis. Il mérite davantage d’attention et de réflexion. Resplendissant sous le soleil, féerique en contre jour, impressionnant la nuit, il s’impose de différentes façons. Revenir la nuit tombée muni d’une lampe de poche pour vaincre les ombres du sous bois et la raideur des marches fait partie des bons souvenirs.

Le canal :
seuls les privilégiés accompagnés d’un guide ont accès au canal. Dès que l’on pose le pied sur le radier on distingue sur les parois montées avec des moellons bien taillés la couche de mortier de tuileau de l’aqueduc primitif. Par endroit subsistent des plaques de badigeon rouge. CConduite sur PdG Avançons dans l’aqueduc. Le canal, qui dans les premiers mètres était à ciel ouvert, est surélevé et couvert. Cette surélévation a permis l’augmentation de la section utile et un meilleur passage de l’eau dans la conduite forcée. On aperçoit sans difficulté la reprise du mortier de tuileau au-delà de la hauteur habituelle de 1,2 m à partir du sol. Elle se prolonge jusqu’à la dalle supérieure. Les grains d’argile cuite qui le caractérise sont d’une grosseur un peu différente de celle de la couche primitive et leur densité de répartition est un peu différente. La couverture est en dalles plates, ce qui est exceptionnel le long des cinquante kilomètres de l’aqueduc, presque partout voûté. Sur les côtés les concrétions sont très épaisses. On se trouve dans une des parties où l’accumulation des dépôts calcaires est la plus importante.

Sur les dalles, à l’extérieur, les signes compagnonniques abondent. Quoi de plus pratique que ces grandes dalles pour graver ? Pour les voir il faudrait monter sur la couverture de l’aqueduc, ce qui est désormais formellement interdit.

Concrétions PdG. A l’extrémité aval, le canal tourne brusquement à gauche. A l’intérieur de la courbe, les concrétions sont très faciles à observer et livrent aux spécialistes les secrets de la vie de l’aqueduc. Couches fines, régulières et serrées pour les époques de bon fontionnement. Couches incrustées de débris minéraux et végétaux pour les périodes d’exlploitation dégradée.L’aqueduc se termine par quelques marches d’escaliers récentes qu’il faut descendre. Un tunnel leur fait face. Creusé en 1864, à l’initiative de Bravay, cet ouvrage faisait partie d’un projet, resté inachevé, consistant à acheminer les eaux du Rhône depuis le Pouzin jusqu’à Nîmes, en empruntant partiellement le tracé de l’aqueduc romain, dont le pont du Gard.
Tunnel Bravay

En contrebas du Pont du Gard :
Rendez vous rive droite, devant l’ancien hôtel Labourel (aujourd’hui restaurant « les terrasses »). En remontant vers le Pont nous découvrons tout de suite, sur notre gauche, une grande cavité d’une quinzaine de mètres d’ouverture, de sept à Salpétrière huit mètres de haut et d’une dizaine de mètres de profondeur. C’est la grotte de la Salpétrière. Des générations d’archéologues l’ont fouillée. Ils ont découvert plus de dix étages caractéristiques d’époques s’étendant des Moustériens aux pasteurs en passant par les Magdaléniens chasseurs et pêcheurs.

Le chemin de Saint-Privat se glisse entre la route menant au pont et le Gardon,. La visite du château du XIIIème siècle et des jardins est réglementée. Il convient de se renseigner auprès de l’office du tourisme.

Le domaine du château de Saint Privat englobait jusqu’en 1913 le pont du Gard. Cette situation : un monument considéré –en vertu de quel titre ?- comme appartenant à l’Etat situé dans une propriété privée, n’avait pas posé de problème particulier jusqu’au tournant du 20ème siècle. Mais à la suite d’un litige avec l’Etat portant sur la réparation du chemin d’accès au château, emporté par une crue en 1907 (comme cette route devait l’être lors des inondations de septembre 2002) le propriétaire de Saint Privat, M. Caldéron prétendit d’abord interdire l’accès au pont, très fréquenté, en particulier chaque lundi de Pentecôte, puis menaça de faire remanier à la dynamite le lit du Gardon sous le pont (on imagine les conséquences pour l’ouvrage). Ces menaces conduisirent l’Etat à acheter en 1913 une quinzaine d’hectares assurant le libre accès au pont.

SignesMac2Engageons nous sur le pont. Sur la façade nord du pont du Gard, à notre gauche, et sur le parapet du pont routier, à droite, les signes compagnonniques occupent la plus grande SignesMac1partie des surfaces planes. Il est bon de tenir compte des périodes d’ensoleillement pour observer les signes dans les meilleures conditions.

Le pont routier :

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Pitot3

Il fut construit sous la direction de l’ingénieur Henri Pitot entre 1743 et 1747. Depuis le début du treizième siècle des échancrures pratiquées sur les piliers des arches du deuxième étage permettaient aux piétons,
et aux mulets bâtés de traverser le Gardon. Peut être ce remploi a-t-il sauvé le pont de la démolition, il est vrai peu aisée. Mais les transformations sauvages avaient affaibli l’ouvrage et la circulation restait difficile (on ne pouvait se croiser au droit des piliers).

Cette situation ne pouvait plus durer. Les Etats du Languedoc ordonnèrent donc la restauration du Pont aqueduc et la construction d’un pont routier accolé au vénérable ouvrage.

Les pierres du pont Pitot ont été extraites de la même carrière que celles du pont du Gard. La similitude d’aspect des deux ponts est donc frappante.

Pour finir une visite attentive du pont du Gard, pourquoi ne pas monter dans la colline rive droite et s’asseoir un moment dans la garrigue, face au pont que l’on domine. Comment ne pas être alors frappé par sa grâce, mais aussi par son apparente fragilité qui ne l’a pas empêché de traverser 20 siècles ?

Vue rive droite


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