Pont du Gard et Patrimoine

"L’arnaque"

Faire payer (cher) l’air que l’on respire et la beauté que l’on contemple
jeudi 17 juillet 2014 par Jean-Yves Gréhal

Depuis avril 2013 nous nous battons pour le rétablissement de l’accès "libre et gratuit pour tous, tout le temps" que le Site du Pont du Gard a été chargé de maintenir. Cette formule figure dans le cahier des charges soumis à enquête publique et a donné lieu à compensation financière.

Nous demandons que le Conseil Général du Gard fasse respecter les dispositions qu’il a prescrites en décidant l’aménagement du site du pont du Gard et en en faisant valider les modalités par enquête publique : ce qui a été défini après une longue concertation et amplement débattu ne doit pas être défait par l’organisme chargé de l’appliquer, qui n’est, après tout, que l’agent du Conseil Général. C’est une question de respect de la démocratie et du droit..

Tant seule que dans le cadre du collectif Liberté-Gratuité-Pont du Gard, Pont du Gard et Patrimoine lutte sans relâche pour l’abolition du péage piétons et le rétablissement du libre accès des piétons (ce qui veut dire aussi des cyclistes ayant mis pied à terre) au pont du Gard et au Gardon et le passage de la Voie Verte par le pont du Gard (sur le pont Pitot, comme l’a prévu le Conseil général). Ce combat se déroule sur le terrain juridique, pour Pont du Gard et Patrimoine, sur celui de l’opinion pour le collectif.

Nous avons édité avec nos amis du collectif le tract "L’arnaque", auquel nous donnerons la plus large diffusion. Le titre du tract a été emprunté au Guide du Routard. Ce guide sait caractériser en peu de mots une offre "commerciale" et nous n’aurions pas trouvé plus court ni plus explicite !.

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Avec tous les moyens légaux dont nous disposons, nous continuerons à défendre le respect de la légalité et de la parole donnée par le Conseil Général, lors de la création du Site du pont du Gard..

Le cahier des charges soumis à enquête publique demandait au gestionnaire du Site d’en conserver « l’accès…libre et gratuit pour tous, tout le temps  ». Le Conseil Général n’a pas voulu priver les populations locales (c’est à dire les Gardois, mais aussi les habitants des départements limitrophes) ni les touristes venus de plus loin d’un lieu privilégié leur appartenant, mais leur offrir, en plus, des services payants de qualité comme des parkings pour les véhicules et des espaces culturels (spécialement le musée) et commerciaux. Chacun pouvait, à son choix, en profiter ou fréquenter gratuitement le domaine du Site, hors des espaces payants (pour les automobilistes, après payement du prix du parking).


Cette solution, pourtant acceptée par tous, a été remise en question en deux temps par l’EPCC, qui a d’abord (à partir de 2010) « lié » l’achat des prestations muséographiques au stationnement, dont le prix est passé de 5 à 18 euros, puis qui s’emploie désormais à « lier » l’accès des piétons au pont du Gard et au Gardon à ces mêmes prestations, dont la plupart des visiteurs n’ont que faire. Nous avons, sur ce site même, vanté les mérites et le grand intérêt du musée du pont du Gard. Cela ne nous empêche pas de constater que la plupart des visiteurs ne sont pas intéressés par le musée, "écrasé" comme il l’est par l’attrait spectaculaire du pont lui même. Sans vente forcée, ce musée resterait à peu près désert, comme il l’a été jusqu’en 2010.

Faire payer l’air qu’on respire, le sol public que l’on foule et la simple vue d’un chef d’oeuvre inscrit au Patrimoine Mondial de l’Humanité (15 ans avant la création du Site du Pont du Gard, qui n’est pour rien dans ce classement), voilà le triste programme que le Site du Pont du Gard présente bien abusivement comme une "mission de service public".

Nous avons d’abord pensé que le conseil général imposerait rapidement un salutaire retour à la raison, au respect du droit et à celui des obligations du gestionnaire. Il n’en a rien été : silence et mépris. Pourtant les prises de position contre le péage piéton, illégal, inopportun, en contradiction flagrante avec le développement du tourisme « doux », anti-écologique, se sont multipliées, émanant de la « société civile » (associations, professionnels du tourisme et personnes privées), mais aussi de la communauté de communes du Pont du Gard et des offices de tourisme d’Uzès et du Pont du Gard. Les pétitions ont recueilli plus de 12.000 signatures dont 8500 en ligne sur ce site internet. Vous pouvez accéder à cette pétition en cliquant sur ce lien pétition en ligne

A la place du dialogue, nous avons eu droit à l’invective, à la place de l’ouverture (des esprits) à la spectaculaire « bunkérisation » du Site.

Nos protestations contre le péage piéton ont eu des résultats importants, bien qu’indirects et incomplets : généralisation de la « gratuité-Gardois » et tarifs « conventionnés » pour les hébergeurs « amis » de l’établissement public. La rumeur d’une baisse substantielle du péage piéton circule –ballon d’essai ou intoxication ? Au demeurant, cette baisse ne changerait rien à notre opposition : un tarif moins extravagant pour accéder à des espaces gratuits restant insupportable.

Devant l’impossibilité de discuter avec la direction du Site du retour au libre accès et à la situation qui a prévalu jusqu’en mars 2013, Pont du Gard et Patrimoine demande l’annulation contentieuse de l’arrêté du 27 novembre 2009, invoqué pour justifier la perception du péage piéton.

En défendant le libre accès au pont du Gard, nous ne voulons pas « tout foutre en l’air », comme le dit élégamment le directeur du Site du Pont du Gard, mais obtenir que l’Etablissement Public du Pont du Gard revienne à sa mission de service public au lieu de commercialiser des lieux qui appartiennent au public et dont chacun a le droit de profiter librement et gratuitement.


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